vendredi 25 novembre 2016

Un débat au NUMA avant-hier sur la SF et la prospective

Organisé par le Social Media Club et le NUMA de Paris, ce débat s'intitulait "La Science Fiction est-elle une science prospective?" et réunissait Gérard Klein, économiste en retraite et auteur et éditeur de SF connu, Aurélien Fache, créateur de ^plusieurs sociétés de l'Internet, Thierry Keller, directeur de la rédaction d'Usbek et Rica, Francis Pisani, chercheur spécialisé dans la réflexion sur les sciences de l’information et de la communication. Un certain n,ombre de choses intéressantes ont été dites ou rappelées, mais c'est aux omissions que je consacrerai cette réflexion. Tout le monde a rappelé que la SF n'est pas une science. La prospective en est-elle une, malgré ses prétentions? On remarque avec plaisir et surprise les quelques prévisions de certains romans qui se sont avérées réalisées,en rappelant combien ne l'ont pas été. Il est d'ailleurs notoire que certaines idées des romanciers ont créé des attentes et des désirs, et que c'est de ces attentes que sont sorties certaines des réalisations effectives, à commencer par le communicateur de Star trek sous forme de téléphone portable. Mais pourquoi, même si on a bien rappelé que la part de prévisions de la SF réalisées était finalement assez faible, n'a-t-on pas remarqué une seule fois que la prospective avait un déchet d'autant plus important qu'elle se prétend rigoureuse et scientifique, face à la SF littéraire? Relisez les livres de prospective des années 90 ou antérieures, et demandez-vous combien de lignes sont valides encore aujourd'hui. Mais le reproche le plus grave que je ferai à ce débat et que j'ai d'ailleurs signalé, en espérant ne pas avoir la justesse des prédictions de Cassandre, c'est qu'il reposait entièrement sur le sous-entendu d'un progrès qui continuerait à s'accélérer, à avancer. Alors même que l'évolution politique et sociale, de plus en plus accentuée depuis le 8 novembre dernier, va dans le sens d'un retour en arrière brutal, de la remise en cause de toutes les avancées récentes et plus encore de celles envisagées à plus ou moins long terme, en particulier des promesses du transhumanisme. L"'opinion publique ne croit plus au progrès, ne voit que des dangers dans la poursuite des créations nouvelles, scientifiques, techniques, sociales. Le résultat: des votes destructifs comme celui du Brexit ou les élections autrichienne, états-unienne, sans oublier celles à venir en France, des politiques de remise en cause sociale et morakle profonde, les fondamentalismes et djihadismes des grandes religions, y compris le bouddhisme et l'hindouisme... J'ai eu l'impression de voir, au pied d'un volcan dont la lave bout, discuter de la création d'une piscine ou d'une salle de jeux. L'univers veuille, dans une suspension de sa perversité croissante, démentir cette impression...

1 commentaire:

Jean-Paul Bélud a dit…

Oui c'est vrai la progression de l'humanité n'est pas linéaire sur une route ascendante tranquille et rectiligne. Il y a souvent des pauses et des régressions, qui tordent la route et ralentissent la marche en avant.

Cela constaté et accepté (faute de pouvoir changer l'état de fait), il est indéniable qu'en dépit de ces pauses et régressions, l'humanité progresse : le monde est infiniment plus vivable globalement là où la société a avancé au rythme de la technologie, qu'autrefois (ou dans les zone qui ont été laissées pour compte sur le bord du progrès techno-sociétal).

Comme l'accélération du progrès est fonction du nombre de cerveaux et de bras qui le crée, celui va s'accélérant avec l'accroissement de la population. En outre, les interconnexions plus fortes et plus étendues rendent sa diffusion plus rapide... de même que les pauses et les régressions ! Le plafonnement de la population à 9 milliard d'individus avant 2100 et son vieillissement simultané vont peut-être ralentir le rythme du progrès... à moins que les ressources des calculateurs ne viennent compenser, voire sur-compenser.

==> La question est alors : comment progresse (socialement) une humanité qui ne génère pas son progrès technologique ? Est-ce que cela lisse ou accentue les pauses et les régressions ?

En conclusion, regardons les soubresauts de l'instants qui nous affectent, comme des perturbateurs plus que comme des signes annonciateurs de grandes bifurcations... le navire du progrès coure sur son erre avec l'inertie de la population qu'il embarque.